Octobre
2006 • Constantinople : un noeud de postes locales...
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Située à un carrefour
important entre l'Occident et l'Orient, objet de bien des convoitises
politiques et surtout commerciales, on comprend que la ville de
Constantinople (Istamboul) ait été un centre majeur
d'échanges durant la période du déclin de l'empire Ottoman qui ne cessa de se réduire mais couvrait encore tout le moyen Orient.
La présence des puissances Européennes fut intense et
territorialement assez large. La majeure partie des pays Occidentaux
ouvrirent des comptoirs et des bureaux soit par l'intermédiaire
de leurs consulats soit comme comptoirs commerciaux. C'est le cas de
l'empire Russe, proche voisin, de la Grande Bretagne, Italie, France,
Roumanie, Grèce, empire d'Autriche et même la Pologne qui
émirent tous des timbres, le plus souvent par apposition d'une
surcharge en monnaie locale (para, piastre) sur les émissions
régulières du pays. Carte des bureaux étrangers dans l'empire Ottoman.
De ce fait, Constantinople, capitale de l'empire, joua un très
grand rôle et de nombreuses entreprises privées
assurérent un service postal régulier.
Le service postal de l'entreprise Lianos
Premier service postal
C'est un décret
impérial de 1865 qui autorisa cette entreprise à assurer
la distribution du courrier dans la ville de Constantinople,
reconnaissant les insuffisances des postes Ottomanes.
La première émission débuta en Décembre 1865, type I
Elle compte 3 valeurs de 5, 20 et 40 paras.
D'abord émise non dentelée (peu courant), la série
fut ensuite dentelée 14 (ou 16 beaucoup plus rarement).
La deuxième émission (type II) également en 1865
concerne les timbres pour journaux, cachet à main sur papier non
gommé, légende en Français "JOURNAUX EN
FRANCHISE". Suivie peu après du type III, cachet PP et
caractères Turcs en négatif.
Les timbres de cette deuxième émission sont tous rares.
Deuxième service postal
type 4
10 para
type 5
20 para
type 4
1 piastre
type 4
2 piastres
type 4
1 piastre, réimpression
Ces
timbres appartenaient à un service postal distinct du
précédent qui fonctionnait avec les postes Egyptiennes et
les divers bureaux Occidentaux à Constantinople.
Le service Lianos assurait le transport et la distribution du courrier
arrivé par ces agences pour Constantinople et ses environs. La
taxe perçue pour un courrier standard est indiquée sur le
timbre, en cas de surpoids l'employé ajoutait à la main
le montant correspondant et totalisait sur la ligne du bas. La
première colonne concerne les comptes en piastres, la seconde
ceux en paras.
Ces timbres n'étaient pas oblitérés et les
exemplaires ainsi complétés sur lettre sont
particulièrement rares.
Le service postal maritime Un
grand nombre de courriers arrivaient par la voie du Danube
(compagnie Autrichienne D.D.S.G), principalement au port fluvial de
Galatz. A partir de là, un navire pouvait alors transporter le
courrier par la Mer noire jusqu'à Constantinople. C'est ce que
réalisa T.B. Morton dès 1869, desservant tout d'abord des
villes proches telles que Burgas, Kustendje ou Varna (timbres au type
I et II) puis Constantinople (type III) et par la suite de plus
lointaines destinations telles que Malte, Marseille, Anvers, Liverpool
ou Amsterdam...mais uniquement sur commande. Les timbres aux types I
à III constituent de grandes raretés
philatéliques, très au-delà du portefeuille d'un
collectionneur moyen.
type IV, timbre pour journaux, émission de 1871
Une surcharge LETTER à la main sur le mot journal lui donne validité pour les lettres (rare).
D.& B.S.L.S. signifie Danube and Black Sea Line Steamer
Le bandeau central reprend le sigle de la compagnie T.B. Morton & company
Ces timbres oblitérés ou sur lettre constituent de belles raretés philatéliques.
Le service postal ferroviaire
Concurrent
de la voie maritime, un service postal destiné au transport du
courrier entre Galatz et divers bureaux du Levant.
Emission de 1865.
Cette ligne de chemin de fer relie Czernawoda à Kustendje
(Constanza) sur la Mer Noire évitant un long détour et
permettant de gagner un temps certain dans les communications.
Elle entra en concurrence avec le projet de creusement du canal de la
Mer Noire, très onéreux, qui ne fut réalisé
que plus tard entre 1949 et 1984.
D B S R. signifie Danube and Black Sea Railway (Chemin de fer du Danube et de la Mer Noire)
Une seule valeur de 20 para, la teinte du papier utilisé faisant la différence (voir).
Ces timbres oblitérés ou sur lettre constituent de bonnes pièces rares.
Le service postal de l'Amirauté Turque
Il ne s'agit pas timbres-poste mais de marques postales créees
par le service Italien en étroit accord avec le gouvernement de
l'empire Ottoman.
Ces marques postales n'existent ainsi que sur lettre et constituent de bonnes pièces rares.
On peut inclure également dans cette collection les timbres de
la Compagnie de Navigation sur le Danube (D.D.S.G), Compagnie Autrichienne qui, au
départ de Linz, acheminait le courrier par voie fluviale
jusqu'au delta, à Galatz, puis jusqu'à Constantinople par
le train (cf plus haut). Ce service fonctionna entre 1866 et 1879, date à
laquelle la compagnie céda son activité aux postes
officielles.
Le collectionneur sera sans doute intéressé par plusieurs
types de timbres-vignettes qui avaient à la fois une valeur
fiscale et de contrôle pour les bagages transportés par les voyageurs ou les colis confiés à la compagnie.
Signalons enfin, les timbres de l'émission Turque EXPRESS
D'ORIENT, utilisés au départ de Constantinople à
bord du train Express Orient, à partir de 1883, le plus souvent sur des lettres
affranchies par des timbres Turcs ou des bureaux de Grande Bretagne ou
d'Allemagne. Ils sont souvent oblitérés de la lettre S
(Stamboul), par des cachets des bureaux étrangers et, rarissime,
par le cachet de l'Orient Express.